Sur les traces de (63) ... Emile Anthoine

vendredi 15 mai 2026, par Dumont

C’est par hasard en fouillant les livres dont j’ai hérité à la mort de mon père que j’ai trouvé l’autographe d’Emile Anthoine. Je savais que mon père avait fait de la marche athlétique dans sa jeunesse et qu’il avait gagné quelques courses mais je ne connaissais pas ce champion sportif dont une photo encadrée décorait le couloir de son appartement et qui visiblement suscitait son admiration. J’ai donc décidé de faire quelques recherches pour écrire un article sur Emile Anthoine qui faisait partie de ces champions que l’on appelait des sportifs complets capables d’exceller dans plusieurs disciplines comme Jean Bouin, Géo André ou Raoul Paoli. Malheureusement les cartes postales le représentant sont très peu nombreuses.

Émile Anthoine : pionnier de la marche athlétique et bâtisseur du sport français

Né le 9 juin 1882 dans le 17ᵉ arrondissement de Paris, Émile Anthoine fut bien plus qu’un simple athlète : il incarna l’esprit du sport moderne, à la fois compétiteur, organisateur, visionnaire et militant. Sa vie, longue de 87 années, fut entièrement dédiée à la promotion du sport comme vecteur de dépassement de soi, de cohésion sociale et de reconnaissance nationale.

Un athlète aux multiples talents

Avant de devenir une figure emblématique de la marche athlétique, Anthoine s’illustra dans une trentaine de disciplines. Il détient, pas moins de 21 records du monde et 85 records de France, dans des épreuves aussi variées que le 100 m, le 1500 m, le saut en longueur, le lancer du poids ou encore la course de fond. En 1913, il établit un record mondial du 20 km marche en 1 h 37 min 57 s, un temps qui resta inégalé pendant deux décennies.

Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il servit 52 mois au front et en revint décoré de la Croix de Guerre. Cette expérience renforça sa conviction que le sport pouvait être un outil de reconstruction morale et physique. Dès lors, il s’engagea dans l’organisation d’événements sportifs d’envergure.

Le père de la marche moderne

En 1926, il fonda la Fédération internationale de marche, puis lança la mythique course Paris-Strasbourg à la marche, une épreuve de plus de 500 km qui devint un symbole d’endurance et de fraternité européenne. Il milita également pour l’introduction du 50 km marche aux Jeux olympiques, ce qui fut réalisé en 1932 à Los Angeles.

Anthoine fut président du Cercle des Sports de France et soutint activement la cause des femmes dans le sport, notamment en appuyant Alice Milliat dans son combat pour la reconnaissance des fédérations sportives féminines. Il créa plus de 800 épreuves, fonda plus de 400 clubs et forma plusieurs champions du monde.

Décédé le 13 décembre 1969 à Colombes, Émile Anthoine repose au cimetière des Batignolles. Son nom est aujourd’hui associé à un centre sportif situé au Champ-de-Mars, à Paris, non loin de la tour Eiffel — un hommage à la hauteur de son engagement.

Balade dans les traces d’un champion

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